Bien équipé pour cuisiner - James Krier
James Krier

Bien équipé pour cuisiner

Bien équipé pour cuisiner - James Krier

J’avais besoin d’un set de cuisine complet, car je m’installais pour la première fois dans un appartement seul. J’avais vécu avec mes parents, puis en colocation avec des amis, mais une opportunité s’était présentée à moi pour que j’acquière mon propre logement. J’avais été très heureux de le refaire avec plusieurs amis. Je commençais donc à le meubler et je n’avais que le principal : un lit, un canapé, quatre chaises. Le comptoir du bar qui délimitait ma cuisine était la table idéale pour un célibataire. Chez moi, soit je suis seul, soit j’invite une vingtaine de personnes, il n’y a pas de juste milieu. Pour ces occasions, j’aimais préparer des mets que je servais à mes invités. Ils étaient souvent surpris de se voir proposer un bol de soupe au potimarron. Je préparais mes plats quelques jours à l’avance, puis je les réchauffais le jour où je recevais. J’avais aussi l’habitude de congeler certains plats préparés.

Mais une bonne batterie de cuisine me faisait défaut ; lors de mon installation, mes amis m’avaient offert un chèque-cadeau dans un magasin spécialisé dans les casseroles, sauteuse, marmites et autres accessoires indispensables pour un bon cuisinier. J’allais regarder dans ce magasin d’une marque prestigieuse. Une magnifique batterie de cuisine était proposée, et je choisis de la prendre. Elle comportait tout ce qu’il fallait pour que je réalise de bons petits plats. J’avais une sauteuses, cinq casseroles, un saucier, des accessoires comme un fouet ou encore une louche, tout ce qui me manquait jusqu’à présent. J’avais aussi eu des bols, une douzaine, et tout un set de couverts. Il ne me manquait plus que les ingrédients frais et de bonne qualité qui me permettraient de réaliser un bon repas, où j’inviterais tous ceux qui m’avaient gentiment offert tous ces cadeaux.

En faisant la cuisine, je remarquais qu’une tache solaire commençait à apparaître sur ma main. Je devrais penser à m’en occuper avant qu’elle grossisse encore. Je mis mes bases de préparations culinaires de côté, et je me pris une pause en sirotant un bon thé vert à la menthe sur ma terrasse. Mon téléphone sonna. La personne qui m’appelait avait caché son numéro et je ne reconnaissais pas sa voix. « Mais si, insista-t-elle, nous nous sommes vu la dernière fois à l’université… » Et elle me narra quelques anecdotes que j’avais oubliées. Je l’invitais au souper que je préparais et qui se déroulait le soir d’après. Ce fut ce soir-là qu’elle rencontra Denis et tous mes autres amis.