Quand l'ordinateur rend l'âme - James Krier
James Krier

Quand l'ordinateur rend l'âme

J’étais prêt à m’installer à mon ordinateur, dans mon bureau, chez moi, quand la sonnette retentit. J’avais récemment changé de sonnerie sur mon téléphone, et j’ai pensé que c’était cela. J’ai trouvé l’objet que je cherchais, mais ce n’était pas lui qui sonnait. C’était mon ordinateur qui avait quelques problèmes pour démarrer. Il s’éteignit totalement, avant même que je puisse entrer dans le programme qui m’intéressait. Cela ne m’arrangeait pas vraiment, car je devais continuer à travailler sur ce fichier pour un Constructeur immobilier Rive-Nord. Je voulais absolument que tout soit prêt pour notre prochaine rencontre avec son équipe des ventes. J’ai appelé Jacques. Il est très doué en informatique et il m’a dépanné de nombreuses fois. Il avait des courses à faire en ville, puis il devait venir me rejoindre. J’ai classé quelques papiers en attente, passé l’aspirateur dans l’entrée, étendu le linge délicat sur des cintres. 

J’étais sous l’évier quand mon ami arriva. Je vérifiais si le siphon n’était pas bouché. J’ai fait couler un café pendant qu’il posait des questions sur l’arrêt impromptu de mon ordinateur. J’ai décrit ce dont je me souvenais. Quelques lignes étaient apparues sur l’écran. Je n’avais pas eu le temps de les lire, mais le bleu du fond m’était apparu comme inhabituel. Puis l’engin s’était stoppé net après un bruit de raclement. Mon ami le démonta entièrement. Une partie de la carte mère était endommagée, un disque dur avait rendu l’âme et le lecteur de DVD était cassé. Il me proposa de me prêter un ordinateur portable, pendant qu’il réparait le mien. J’étais désespéré, car je n’avais pas effectué de copie de sauvegarde du fichier. L’ingénieux réparateur bénévole m’a rassuré : dans moins de vingt-quatre heures, je pourrais me remettre sur mon dossier.

Ma conjointe fut étonnée quand elle me trouva à repasser dans la salle de lavage. Ce n’est pas mon activité préférée, et je préfère qu’elle le fasse, puisqu’elle est bien plus douée que moi. Cependant, manier le fer me calmait. Un tas de linge plié était dans la corbeille, prêt à être rangé. Elle a immédiatement compris que j’étais contrarié. Elle m’a proposé de sortir pour le souper. Cette excellente idée me permit de me détendre, réellement. Après un bon repas, assorti d’un vin rouge goûteux, j’étais plus tranquille. La fin de la soirée se passa sans que je repense à mon problème, qui fut résolu le lendemain, comme me l’avait promis mon ami.